lundi 1 octobre 2007

L'Intérro

Visages penaud, regards fuyant, on était tous là dans l'entrée, un peu stressé, avalant nos glaires pour cette première. Enfin quand je dis tous ... un pourcentage plus que raisonnable, sur les coups de 10h30. Quand j'y repense, je me revois encore dans le métro sortant mon classeur sur les genoux et écoutant le cours dicté par ma voix accompagnée d'une flopée de parasite sortant de mon Ipod. Je n'avais pas assez révisé, je ne connaissais pas tout sur le bout des doigts, et pourtant je m'étais juré d'être irréprochable sur cette donnée et voilà basé sur ces acquis calamiteux qui ont fait de moi un doublant, j'étais là dans cette entrée, mi confiant, mi hagard.
"Il y a aussi l'humérus", voila que tout bascule, je sens déjà toute la mécanique physiologique se mettre en place et mon hypophyse s'emmêler les pédales ! L'humérus, non impossible ! Pas déjà ! Puis en plus, ils ne l'ont pas terminé à ce qu'ils m'ont dit. Pourtant tout est déjà lancé et rien ne va aller dans le bon sens pour cette matinée.
Je me croise au détour d'un pilier, moi l'année dernière, disant de toute façon, ça compte pas dans la moyenne, alors à quoi bon! Riant nerveusement, et sincèrement. J'en oublie presque le sujet de notre réunion, et me laisse entourlouper sur un banc avec ma voisine dans une conversation sur notre futur beuverie prévu pour le week-end qui arrive. La troublante façon dont elle agite les mains me font revenir à la réalité bien vite, couplé à une arrivée en trombe de la secrétaire à la direction, prête à bondir sur celui qui ne sera présent pour en découdre avec cet examen.
A ma plus grande stupeur, je me trouve être le troisième à entrer dans la classe et je suis à la recherche de ma place, je vois des noms partout, des coins se forment aux lisières de mes lèvres quand je vois certain noms qui malgré toute maturité ferai rire un chef d'entreprise japonais. Je ne suis pas dans la bonne sale, je file rapidement dans l'autre ne m'attardant plus que sur les fesses de ma collègue qui me précède. Une signature sur le registre où je fais bien attention de ne surtout pas esquissé ma signature habituelle mais un simple prénom écrit sur le papier: Pierre, c'est une attention toute particulière que j'ai là pour le faire dans une écriture qui n'est sans doute pas la mienne. Je compte sur ce genre de petite chose pour m'éviter un jour quelques heures d'absence grâce à un camarade compatissant à qui j'aurai tapé 2 euros pour aller prendre un café plutôt que d'aller en travaux pratique.
La femme du directeur arrive, en grande pompe s'il vous plaît, guindée comme à son habitude. Elle donne le ton avec le sien, je m'évade une seconde, me demandant si elle possède tout ses vêtements en quintuple pour être tellement identique à chaque fois que je la vois. Elle fait signé tout le monde, et personne n'y échappe, moi j'ai déjà trouvé ma place, j'ai sorti mes crayons, ma trousse, et rangé "dans le fond s'il vous plaît" mon sac mon manteau et "tout autres objets ne servant pas à composé, y compris aide éventuelle".
Je le vois dans l'autre salle, le Directeur, ces cheveux gris et sa gestuelle m'exaspère alors que je n'ai pas encore le son, il s'agite et je sais déjà qu'il est entrain de passer un savon à ceux qui sont là pour ceux qui ne le sont pas. Quelques pas rapides et durs le font débarqué dans notre salle, et rebelotte et blablabla et ceci-cela. Je ferme les yeux pour cette fois-ci, histoire de n'avoir que le son et pas l'image. Je suis maintenant certain que cette session pour du beurre risque d'être assaisonnée de complexe explication à fournir pour obtenir une moyenne, mais je me sens capable. Je jette un coup d'oeil à une camarade qui me subjugue à chaque fois, elle est d'une beauté céleste et je me laisse allé tandis que Madame distribue les copies face retournée s'il vous plaît. Le coup de l'examen solennel, c'était vraiment se foutre du monde, quand je retourne ma copie, j'entends déjà trois pouffements de rire dans la salle, sans doute trois doublants, je lis la première question, je la sais, la seconde est exotique, je la sais, la troisième me trouble tellement sur tout ce qui viens d'être mis en place, et je dois aller jusqu'à la cinquième et dernière question pour trouver un tant soit peu de raison dans un tel devoir, je pouffe pour y mettre du mien. Je rédige, vite et bien mon devoir, me disant qu'enculer des mouches ainsi commence vraiment à devenir la politique de la maison, je suis tellement dégoutté d'avoir eu à douter et de croire que j'aurai la coulante que j'irai sans doute pas à la selle pendant 3 semaines après ça.
Je sors en premier, une faute à mon actif dans une intérro à la coluche mais avec une ambiance aux examens de l'armé.
C'est vraiment grandiloquent de subir tout ça pour un vulgaire gag.

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